FLOZ

Giulia Longo

Giulia Longo considère la photographie inséparable de l’écriture, c’est pour ça qu’ elle a

voulu nous présenter son travail à travers deux  ses textes:

 

“Nous voyons la magie et nous sommes neutres, pas nécessaires”

 

Ressurgissent dans le sable les châteaux de l’enfance

dans les grains de sable où s’enlisent les souvenirs.

Je revois tes mèches blondes sous le soleil de midi,

petite enfante rêveuse.

Clessidre sous la secousse des vagues,

la rive exhume les amulettes du temps des soliloques innocents.

Je me souviens des amours que tu inventais au crépuscule d’améthyste

enfoncés dans la vigne sauvage

entre le figue de Barbarie aux piqûres d’enfance.

De cette urgence d’aimer et de ton impatience,

je m’en souviens aussi.

A l’instar de mon besoin d’être remuée, secouée

d’adorer comme jamais auparavant,

comme pour la dernière fois.

 

Aujourd’hui à la tombée de la nuit

de même que hier

il s’éclairera

en t’attendant.

 

“Jamais Je ne me regarde là d’où tu me vois”

 

Que mon corps puisse atteindre l’absolu. Que mon corps soit un corps absolu. Que mon

corps ait la même légèreté que l’air, invisible et néanmoins présent. Que mon corps soit libre dans un port franc, au-delà de la réalité, barrage empêchant aux eaux en pleine de déborder, obstacle aux flux intérieurs qui l’habitent. Flux qui affleurent comme le sang dans les veines et glissent sur le papier où la peau s’imprègne.

 

En photographiant je tue l’instant et je le rallonge à jamais, je m’étends sur une surface

que je crois moins vulnérable à la cruauté du temps.

 

Pour en savoir plus: www.giulialongo.fr